Comme on doit s’ennuyer au cœur des cimetières
A recompter les fleurs qu’on porte sur sa pierre
Défunts qui détenez pour vous seuls le repos,
Malgré l’éternité je n’envie pas vos os.
Ils doivent s’ennuyer ces crânes sous la terre
Obstinés à montrer la blancheur de leurs dents
Crispés sur leur rictus , à qui veulent-ils plaire ?
Le sourire des morts n’atteint pas les vivants.
Comme on doit s’ennuyer enfermé sous ces pierres
A attendre toussaint et à compter les ans,
A écouter l’affreux murmure des prières
En sentant s’alourdir le pas de ses enfants.
Comme on doit s’humilier au cœur des cimetières
Ames chères, dormez ! faites-vous des paupières
Du linceul accablant que vous tisse l’ennui,
Moi je vais replonger mes deux mains dans la vie !
TOUSSAINT AU PRINTEMPS