Je n’ai jamais trouvé
Ni dans le ciel ni dans mes mots pénibles,
De refuge possible
A mon étrangeté.
Je ne peux désarmer
Dans le miroir de tes regards serviles
L’étau immobile
Du manque. L’amour inquiet
Se heurte à l’inertie flamboyante du vide,
Mes mains se crispent sur tes reins,
Mon cœur crie son amour sur mes lèvres timides,
Mon front ruisselle de chagrin.
Ma vie s’offre, elle veut, mon âme surabonde
Mais elle étouffe furibonde
Comme une ombre en exil sur la terre, épuisée
De ne jamais pouvoir parler.
Dans le souffle des corps l’amour boit son venin.
L’orgasme vient, la nuit l’emporte
Et le laisse frustré, plongé dans son destin
Claquer comme une porte.
Je ne pouvais jamais penser
Qu’autant d’amour et autant d’amertume
Puissent rester figé
Dedans. Rien, ni ma plume
N’arrive à déchirer
L’obstacle abstrait, l’inaccessible étoile
Se trouble sous le voile
Et le cœur résigné
De n’avoir pas trouvé
De mots plus forts ni de gestes plus tendres,
Fatigué de m’entendre,
Je m’obstine à t’aimer.
JE M’OBSTINE A T’AIMER