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"Alors, c’est maintenant. Je sens qu’il va falloir que je m’excuse... de n’être qu’un navrant petit bourgeois, imprégné jusqu’au sang de méfiance, de précaution, de prudence, un être pusillanime... Un Français moyen ! Tu crois pas si bien dire ! Un mollusque fait homme, une statistique vivante, une moyenne réincarnée, un rampant, un courte-cuisse, un mou du zob, un champion du quelconque avec un grand K. Il va falloir que je m’excuse de cantonner mon originalité à des aspirations végétales, la fidélité, la franchise, le respect, la tempérance, la non-violence. Idéal de premier communiant. Au royaume des gentils, les mous auraient peut-être un droit de parole. Parce qu’il reste une question obsédante : Un éjaculateur précoce peut-il être un homme de pouvoir ?
Alors il va falloir que je m’excuse aussi auprès des autres, les bandants, ceux qui connaissent vraiment la vie et les hommes pour les avoir pratiqués sous tous les angles et par tous les trous, ceux qui ont mouillé le maillot et fait fructifier le capital de leurs appétits, de leurs fantasmes et de leurs ambitions. Les « double-rate », les cyniques, les morts de faim, les trompe-la-mort, qui possèdent le courage unique de profiter de leur vie pour la vivre et qui, au passage, par conséquence involontaire, par déduction mathématique, dirigent le monde sans en faire un flan.
Et c’est moi, le péteux, avec mon expérience de gastéropode abyssal, ma bite monovaginale, mon univers sclérosé d’héritier de toutes les traditions castratrices, mon imagination de poulet industriel, ma culture de poisson rouge téléphage et mes ambitions de pisse-froid, qui vient vous baver 300 pages sur la rondelle.
Comme ça, tranquille, avec l’incroyable audace d’être sérieux !"

Essai : 8,50 €

Depuis leur plus tendre enfance, tout se passait comme dans un rêve; c’est étrange comme la vie ressemble parfois à un pauvre roman à l’eau de rose.
C’étaient des retours d’école mouvementés, pleins d’aventures et pleins de conversations, pleins d’air et pleins de vie, avec toujours un peu plus de soleil que permis, supplément gratuit. C’étaient des retours d’école comme les racontaient les grands-mères, des retours d’école comme il n’y en a plus, avec des char- dons accrochés aux cheveux et des souvenirs à entasser pourplus tard. C’étaient des retours d’écoles haletants, au grand galop, pleins de trésors pour les mamans. Carole ramenait toujours quelque bouse accrochée au fond de son pantalon et Lilou ne ratait jamais la saison des bleuets, des boutons d’or et des coquelicots.
Elles avaient pris goût à une liberté qui leur paraissait tellement évidente; comme boire et manger. Elles en avaient les moyens. Elles étaient heureuses de vivre et de courir, elles respiraient juste un peu plus d’air que les autres; qui le leur reprocherait ?

Ça te fait marrer ces conneries ? Evidemment, c’est ce qu’il y a de plus dur à te faire avaler, à toi qui te tapes le ramassage scolaire ou le bus de banlieue, le casque sur les oreilles. Qu’il y a eu des époques où ces images d’Epinal ne servaient pas qu’à te vendre des saucisses de Francfort ou des assurances prévoyance, où elles étaient simplement celles de la vie.

Roman : 10 €


En librairie :

l'histoire romancée, tirée d'un fait d'hiver, d'un homme mort il y a peu à l'hôpital psychiatrique de Nantes, interné après avoir séquestré pendant de longues semaines un célèbre individu...

Roman; 240 pages; 10 euros; envoi sur demande et vente sauvage dans mon salon.

Le temps des fleurs - extrait :

Jérémy : Tu as peut-être raison, mais suis-je maître de tout ça ?
Sarah : Nous sommes maîtres du mensonge, de la sensibilité, de l’amour, de la fragilité. C’est un rêve, un désir. Nous mentons, nous sommes arides. Moi j’ai honte, je souffre de n’avoir pas plus de peine. J’aimerais être triste, immensément triste, pour tous ceux-là qui sont morts alors que je vis. Mais j’ai froid Jérémy, tout ce que j’ai c’est que j’ai froid !
Jérémy : Viens Sarah. (il la prend par l’épaule) Regarde, il n’y a pas de soleil, juste une lumière bizarre. Il n’y aura pas de nuit. As-tu sommeil ?
Sarah : Non.
Jérémy : Il n’y aura pas de nuit…
Murad : (très joyeux) Me voilà !
Jérémy : (il sursaute) Vous m’avez fait peur ! Le voyage a été rapide.
Murad : C’est tout petit la terre ! Dix minutes le demi-tour. N’avez-vous pas vu le gars ? Je suis parti après lui ; vous auriez dû le voir passer !
Jérémy : Nous n’avons vu personne.
Sarah : Asseyez-vous ! Vous êtes immense au milieu de ce désert de terre. Regardez ça ! Rien ne dépasse. Pour un peu on s’apercevrait dans l’horizon !

Morts de rire - extrait :

le patron - Allez ! Nettoyez-moi tout ça !
l’apprenti (avec un air dégoûté) - C’est dégueulasse !
Ils s’activent.
la serveuse (ramassant un bout de viande écrasé et à moitié mâché) - Regardez-moi ça ! C’est vraiment des porcs !
le patron - Mais comment ça s’est passé ?
la cuisinière - Je sais pas. Tout d’un coup je les ai entendus s’esclaffer, ils ne pouvaient plus s’arrêter !
le patron - Mais ils étaient bourrés ?
la serveuse - Non, je crois pas . Ils n’ont pas bu plus que d’habitude. En plus le gars je le connais. Il vient souvent, y’a jamais eu de problème.
l’apprenti - C’est pas possible, ils étaient défoncés.
la serveuse - Je te dis que non !
l’apprenti - Ils sont barjots ces gars-là. (dans un rire) Non mais regarde ce qu’ils ont laissé ! Ils ont ri à s’en décrocher la mâchoire…( il ramasse un dentier qui traînait sous la table et joue avec)
la serveuse (riant et faisant mine de vouloir vomir) - Aaah, c’est crado !
l’apprenti - Ne me dis pas qu’ils n’étaient pas allumés !
la cuisinière - En tout cas c’est des joyeux, les types.
le patron - Des hystériques, oui ! Le gars du S.A.M.U. n’a même pas réussi à calmer celui du bout. Ils ont dû l’envoyer aux urgences.
l’apprenti - Ça, c’est les amanites !
la cuisinière (haussant les épaules) - Ils ont mangé des pizzas au fromage !
l’apprenti - Et alors ?
la serveuse - Et alors ils n’ont pas des gueules à s’envoyer des champignons hallucinogènes !
le patron - Bon, bon, allez ! On redresse pour ce soir et on n’en parle plus.