Il a fermé ses yeux pour oublier les cris,
Il a léché le sang qui souillait son pelage,
Allongé dans les mousses et les herbes, il saisit
La fixité de cet instant qui le soulage.
Le lion débarrassé de son cruel devoir
Ouvre son corps lassé à la chaleur brûlante.
La savane rougit, il laisse son pouvoir
Rouler parmi les fleurs lascives et les plantes.
Les rayons éblouissent son œil sous sa paupière.
Pénétré de soleil son grand corps s’alanguit,
Les frissons du plaisir émeuvent sa crinière
Quand s’abattent sur lui les jeux de ses petits.
Le lion dort, et croyant sentir une présence
Lève parfois un œil sur la réalité.
Tout est calme, la vie meurt avec élégance
Et le lion sent planer comme une éternité,
L’illusion de la volupté.
LA SIESTE DU LION